Les prénoms de marques, vers l’overdose ?

By 2 février 2019 Non classé

Episode 1 : L’artisan de proximité

Dans cette ville ultra-connectée, qui nous rend froids, imperméables aux informations déferlantes, où nous dérivons vers un monde de machines très automatiques, qui apprennent à nous appeler par notre prénom pour achever de se moquer, il y a longtemps que les marques ont misé sur les prénoms pour humaniser l’écosystème du consommateur.

Le caviste du coin s’appelle Nicolas, mon boulanger préféré est Paul et le chausseur de madame, André, rend monsieur jaloux. Aujourd’hui, il serait presque impossible de déposer un nom aussi simple pour des raisons juridiques, mais les évocations de proximité et de bienveillance que transmettent ces marques sont toujours aussi pertinentes. Elles se doivent donc de rivaliser d’ingéniosité pour déposer des marques-prénoms qui puissent être fortes, comme le concierge de quartier Lulu dans ma rue, qui instaure une complicité avec le voisinage grâce à une assonance en /u/, ou encore Big Fernand, l’atelier du hamburgé, avec sa touche américaine apportée à un prénom de tradition française.

La combinaison de prénoms, largement répandue, permet de créer une convivialité dans les rayons de supermarché et permet d’humaniser le produit : deux amis, Michel et Augustin, qu’on a l’impression de connaître, ont préparé des biscuits salés et Charles & Alice est le duo idéal pour une compote de qualité.

Nina Derai